cedric gerber

Van · Kia PV5 · Camper électrique

Un van électrique, aménagé maison

Un Kia PV5 électrique que j'aménage moi-même pour dormir dedans, et que je mesure de près : consommation, recharge, coûts réels. Les chiffres de cette page sont ceux du van, pas ceux du catalogue.

Mis à jour le

Un van électrique gris, décoré de la silhouette de la Dôle et d'un parapente, garé devant la Dôle enneigée.
Première idée : la Dôle détaillée.
Le même van gris avec le décor final : la Dôle et le Chablais dessinés d'un trait noir, le radar, le lac en traits turquoise, le Mont-Blanc enneigé, deux parapentes turquoise et le logo à l'arrière.
Le décor final : la Dôle et son radar, le lac, le Chablais, le Mont-Blanc, deux parapentes. Déplacer les pièces dans l'éditeur du décor.
pourquoi

Un vieux rêve, enfin raisonnable

Ça fait longtemps que j'ai envie d'un van. Mais un van thermique, c'était trop cher à l'usage et beaucoup trop de CO₂ pour moi : un gros diesel pour partir le week-end, je n'arrivais pas à me le justifier.

Pendant trois ans, j'ai donc fait avec la voiture partagée, en plus de l'abonnement général et du vélo. C'était la solution la plus écologique et la moins chère. Mais avec ma fille qui grandit, et l'envie de me remettre aux sports en extérieur, ski et parapente, cela devenait compliqué.

Le van électrique change l'équation : l'énergie coûte peu, l'entretien presque rien, et sur sa durée de vie il émet nettement moins qu'un thermique, fabrication de la batterie comprise (voir l'analyse de cycle de vie de l'ICCT, en anglais). Et les batteries sont désormais assez grandes, et la recharge assez rapide, pour partir loin sans y penser.

Bien sûr, le vélo et les transports publics restent la meilleure option, et je continue de les utiliser. Mais ils ne collent pas à tous les modes de vie : avec un enfant, du matériel de parapente et des départs à l'aube vers des décollages sans bus, il faut parfois un véhicule. Autant qu'il soit le plus sobre possible.

3 ans en voiture partagéeAG · vélo
consommation

Consommation mesurée

Le van envoie ses données à un petit serveur que j'ai écrit : chaque trajet, chaque recharge, l'état de la batterie. Sur les trois premières semaines, 1 360 km du 30/09/2026 au 20/10/2026 :

Énergie tirée de la batterie, récupération au freinage déduite. Autonomie sur la batterie pleine de 71,2 kWh.
Type de trajetkWh/100 kmAutonomie
Petits trajets, ville et campagne≈ 19≈ 370 km
Moyenne de tous les trajets21,3≈ 330 km
Autoroute à 120 km/h≈ 25≈ 280 km

En voyage sur autoroute, on recharge plutôt entre 10 et 80 % : cela fait des étapes d'environ 200 km, à peu près deux heures de route, le bon moment pour une pause. Sur les routes de campagne, à 80 km/h, on dépasse les 350 km.

Ce qui compte, c'est la vitesse, pas le poids. Sur un thermique, chaque freinage transforme l'énergie du mouvement en chaleur dans les disques : elle est perdue. Sur un électrique, le moteur freine en rechargeant la batterie. Une descente du Jura ou un arrêt au feu ne coûtent plus qu'une petite perte de rendement, au lieu de toute l'énergie. Résultat : la masse du van et ce qu'on met dedans pèsent peu sur la consommation, et les freins ne s'usent presque pas. À haute vitesse, en revanche, c'est la résistance de l'air qui domine, et un van a la forme d'une armoire : d'où l'écart entre 19 et 25.

71,2 kWh1 360 km mesurés19–25 kWh/100 km
coûts

Ce que coûtent 100 km

Mon immeuble facture la recharge à un prix délirant : 0,60 CHF/kWh à la borne du parking, y compris quand c'est le solaire de notre propre toit qui la fournit. On essaie de faire changer ça. Même à ce prix-là, l'électrique reste moins cher qu'un van diesel.

Énergie seulement, pour 22 kWh/100 km à la prise : la consommation mesurée, pertes de recharge comprises. Van diesel : un VW California T7 2.0 TDI, 6,5 l/100 km (moyenne réelle de ses propriétaires) à 2,20 CHF/l.
RechargeCHF/kWhCHF/100 km
VW California diesel, pour comparer—14,30
Ma borne d'immeuble, aujourd'hui0,6013,20
Recharge rapide sur la route0,55–0,7012–15
Tarif d'appartement, 80 % en heures creuses0,286,10
Ses propres panneaux solaires≈ 0,10≈ 2,20

Le tarif d'appartement est celui de notre facture d'électricité à Nyon : 26,4 ct en heures creuses, 32,2 ct en heures pleines. 80 % de la recharge la nuit et le week-end, c'est ce qu'une voiture qui dort au garage fait sans effort. Mon coût réel en octobre, avec la borne chère et quelques recharges rapides en voyage : 11,90 CHF/100 km.

Avec des panneaux solaires sur son toit, c'est encore beaucoup mieux : recharger avec son propre surplus ne coûte que le prix auquel on l'aurait revendu au réseau, souvent moins de 10 ct le kWh. 100 km pour environ 2 francs, avec une énergie produite à quelques mètres.

À côté de l'énergie :

  • Entretien : un service tous les 2 ans ou 30 000 km. Pas de vidange, pas d'embrayage, pas de courroie, et des freins qui servent à peine grâce à la récupération. Le vrai poste d'usure, ce sont les pneus : environ 1,75 ct/km.
  • Taxes : dans le canton de Vaud, une voiture électrique neuve ne paie aucune taxe automobile les deux premières années, puis une taxe fortement réduite. Reste la vignette autoroutière, 40 CHF par an.
  • Assurance : 990 CHF par an, le premier poste fixe.
11,90 CHF/100 km mesurésservice tous les 2 anstaxe : 0 CHF les 2 premières années
solaire

Recharger au soleil, automatiquement

Le PV5 a une API : on peut lire l'état de la batterie, démarrer et arrêter une recharge, régler la limite de charge ou programmer le chauffage à distance. De quoi automatiser beaucoup de choses.

Un petit serveur tourne en continu. Il suit le van, et il se connecte aussi aux données solaires de l'immeuble : la production en direct des 128 kWc du toit, et la prévision du surplus pour la journée et la semaine (voir la gestion technique du bâtiment). Il ne lance la recharge que quand le toit produit plus que l'immeuble ne consomme, et l'arrête quand le surplus disparaît. Le reste se fait la nuit, en heures creuses.

Bien sûr, on peut toujours court-circuiter le système : s'il faut partir demain matin avec une batterie pleine, un bouton suffit.

API Kiasurplus solaireheures creuses
recharge

Partir loin : la recharge rapide

Ce qui a changé ces dernières années, c'est que les batteries sont devenues assez grandes et la recharge assez rapide pour voyager. Le PV5 charge jusqu'à environ 125 kW sur une borne rapide : environ 25 minutes pour reprendre la moitié de la batterie, le temps d'un café et d'une pause pour les jambes.

Mesure à venir : la courbe de recharge réelle, de 10 à 80 %, sur une borne de 150 kW ou plus.

≈ 125 kW max≈ 25 min pour 50 %
camping

Camper avec 71 kWh sous le plancher

Pour le camping, une prise 230 V reliée à une énorme batterie simplifie tout. Pas besoin de batterie auxiliaire, de panneau sur le toit ni de réchaud à gaz : on branche une plaque à induction, un chauffage d'appoint, un ordinateur, ce qu'on veut. Une soirée de cuisine et d'ordinateur consomme une poignée de kWh, quelques pourcents de la batterie.

Chauffer la nuit avec la pompe à chaleur

La pompe à chaleur du van peut aussi chauffer ou refroidir l'habitacle toute la nuit, bien plus efficacement qu'un radiateur électrique. En mode « utilitaire », j'ai mesuré environ 280 W pour la climatisation par temps doux. Les ordres de grandeur trouvés pour un habitacle de cette taille : 0,3 à 0,7 kWh par heure selon le froid, soit 3 à 7 kWh pour une nuit de 10 heures, 5 à 10 % de la batterie.

Mesures à venir : la consommation réelle d'une nuit chauffée en hiver, et d'une nuit rafraîchie en été.

La prise 230 V (V2L) : 400 W rien que pour rester éveillé

Tant que la prise V2L est active, le van reste éveillé : batterie haute tension connectée, onduleur, convertisseur 12 V et calculateurs en marche. L'ADAC a mesuré cette consommation propre sur six voitures électriques : de 390 à 500 W selon le modèle, 390 W sur le Kia EV5 (test V2L de l'ADAC, en allemand). Elle s'ajoute à l'appareil branché, quel qu'il soit, même un chargeur de téléphone.

Pour cuisiner, c'est négligeable : une plaque à induction tire 2 kW pendant une demi-heure, les 400 W du van ne font qu'une petite fraction de la facture. Pour un petit appareil branché en permanence, c'est l'inverse. Un frigo qui consomme 30 W en moyenne :

Sur 24 heures, batterie de 71,2 kWh, consommation propre prise au chiffre de l'ADAC pour le Kia EV5. Au tarif de ma borne, 0,60 CHF/kWh, le total coûte environ 6 CHF par jour.
Frigo sur la prise V2LWkWh/jourBatterie
Le frigo lui-même300,71 %
Le van, pour garder la prise active≈ 3909,413 %
Total≈ 420≈ 10,1≈ 14 %

Plus de 90 % de l'énergie sert à garder la prise allumée, pas à refroidir. Un week-end de trois jours avec le frigo branché en continu coûte 40 % de la batterie.

Mieux vaut n'allumer la prise que pour les gros consommateurs. Pour le frigo, une glacière passive suffit pour un court week-end. Pour plus long, une batterie portable alimente le frigo et se recharge sur la prise une heure par jour : le van ne paie ses 400 W que pendant cette heure. La prise se coupe d'elle-même à la limite de décharge réglée dans le van, ce qui garde de quoi rentrer.

Mesure à venir : la consommation propre du PV5 lui-même, prise allumée et rien de branché.

prise 230 Vpompe à chaleur≈ 280 W mesurésV2L : ≈ 400 W de veille
aménagement

L'aménagement intérieur

Version 1, volontairement simple et bon marché : un plateau de lit en OSB dans le coffre, sièges arrière rabattus, pour valider la géométrie avant de refaire les mêmes pièces en contreplaqué. Dessous, la place pour les bagages. Dessus, deux matelas gonflables, une couette, et des rideaux isolants aux fenêtres. D'autres photos suivront au fil de l'installation.

Plateau de lit : cotes et débit

Deux panneaux d'OSB3 de 15 mm, côte à côte, posés sur les cadres plastique latéraux du coffre, faux plancher retiré. Une nervure en tasseau sous chaque panneau et une poutre sous le joint central les rendent rigides : diviser la portée par deux vaut autant que doubler l'épaisseur, pour un dixième du poids. Toutes les pièces sortent d'une seule plaque de 2500 × 1250 mm.

Cotes de débit, avant le détourage des panneaux au gabarit.
PièceQtéCotes en mm
Panneau de couchage2745 × 1205, puis détouré : 640 à 745 de large selon l'endroit, décrochements de 190 et 35 pour suivre les parois
Support longitudinal2485 × 1205, recoupé à la hauteur des cadres
Nervures et poutre centrale—tasseau sapin 40 × 60, environ 4 m
Panneau de couchage coté, en mm sens des copeaux 710 745 640 1205 190 35
Un panneau, cotes en mm. Le raccord courbe entre 710 et 745 et l'arrondi du coin se relèvent au gabarit. Le second panneau est le même, en miroir.
Plan de découpe : quatre pièces dans une plaque d'OSB de 2500 × 1250 mm panneau gauchesupportpanneau droitsupport chute 45 mm 745485745485 longueur de la plaque, 2500 mm : sens des copeaux de surface
Les quatre pièces dans une plaque de 2500 × 1250 mm, traits de scie de 4 mm : il reste 28 mm en bout de plaque.

Le point à ne pas rater est l'orientation : l'OSB est deux fois et demie plus rigide dans le sens de la longueur de la plaque. La portée de 745 mm doit donc être prise dans les 2500 mm. Orienter correctement vaut plus que passer au 18 mm, et ne coûte rien.

Du joint EPDM à cellules fermées partout où le bois touche le van, et des trous de 50 mm tous les 20 cm sous le matelas pour la ventilation. Matériel et consommables : environ 130 CHF, dont 33 CHF pour la plaque. La version définitive, en contreplaqué de pin maritime 15 mm, pèse presque pareil, est nettement plus rigide et a des chants présentables bruts, pour 86 CHF la plaque.

Les sièges avant ne s'avancent pas : le couchage est plus court que 1,90 m. Les plateformes du commerce n'y échappent pas : celle de Combe Valley Campers pour le PV5 mesure 1380 × 1815 mm. Une rallonge de tête sur charnière est la piste pour la version 2.

Ordre des coupes et étapes de réalisation

À la découpe en magasin, quatre coupes droites :

  1. Refendre la plaque à 1205 mm dans la longueur, depuis un bord d'usine.
  2. Tronçonner la bande en 745, 485, 745, 485 : 2460 mm plus trois traits de scie, il reste environ 28 mm de marge.

Dans un configurateur en ligne, cocher le respect du sens du grain et saisir 745 × 1205, pas 1205 × 745 : la première cote suit le grain. Sinon l'optimiseur fait pivoter les pièces. Les supports sont pris à 485 mm volontairement : un support trop haut se recoupe, un support trop court est perdu.

À l'atelier :

  1. Relever la forme du coffre sur un gabarit en carton, au compas réglé à 30 mm. La pointe glisse le long de la paroi, en gardant toujours la même orientation : si elle pivote pour suivre la paroi, le contour est faux dans les courbes.
  2. Reporter le gabarit sur l'OSB, puis reprendre 30 mm vers l'extérieur. Marquer tout de suite la face du dessus et le côté.
  3. Couper à la scie sauteuse, 1 à 2 mm à l'extérieur du trait, puis descendre à la ligne à la ponceuse.
  4. Essayer, retoucher, recommencer : trois ou quatre allers-retours sont normaux. Viser 3 à 5 mm de jeu sur les côtés.
  5. Faire le deuxième panneau en miroir, en se servant du premier comme gabarit.
  6. Coller les joints EPDM avant les derniers essais : c'est le panneau équipé qu'on ajuste.
  7. Recouper les deux supports ensemble, serrés face contre face, pour qu'ils aient la même hauteur.
  8. Percer les trous de ventilation, visser les nervures et la poutre, poncer les chants au 120 et les imprégner de colle à bois diluée (une part pour deux d'eau) pour figer les copeaux.

Rideaux isolants pour les fenêtres

Des rideaux isolants à ventouses pour la lunette arrière et les vitres latérales : ils gardent la chaleur la nuit, le soleil dehors le jour, et cachent l'intérieur. Je les ai faits avec un kit à monter soi-même, la Thermomatte Carbest 7 couches, environ 70 CHF chez Camping-Profi. Acheté de ma poche, sans lien d'affiliation.

Le kit contient 3,5 × 1,55 m de matelas isolant, 30 ventouses, 30 m de biais et une feuille plastique pour le gabarit. On relève la forme de chaque vitre sur la feuille, on découpe le matelas, on coud le biais tout autour, puis on pose les ventouses. Les œillets de 14 mm ne sont pas fournis : ils se posent au marteau avec un petit outil, vendu à part.

version 1OSB 15 mm1 plaque 2500 × 1250≈ 130 CHF
la suite

Prochaines étapes

  • Installer probablement un toit relevable.
  • Faire une déco parapente.
  • Teinter les vitres arrière, contre la chaleur et pour l'intimité.
  • Tester des nuits avec le chauffage allumé, et mesurer ce qu'elles coûtent en batterie.
  • Brancher un boîtier OBD WiCAN Pro, pour lire en détail la consommation et les courbes de recharge.
  • Suivre l'évolution de la santé de la batterie. Sur le terrain, les batteries NMC comme celle du PV5 perdent en moyenne environ 2 % de capacité par an : moins quand on recharge surtout lentement, plus quand on enchaîne les recharges très rapides (données Geotab, en anglais). Après huit ans, on s'attend à garder environ 80 % de la capacité d'origine.